Tout sur la sieste au travail
Conseil, formation, aménagement d'espaces de sieste
Dans le monde, chaque culture a sa propre approche du sommeil dont la sieste est un maillon. Faisons un tour d'horizon des endroits où la sieste à sa place.
Les populations les plus décomplexées vis-à-vis du sommeil sont les asiatiques. Dormir est pour eux un besoin naturel au même niveau que se nourrir : ils n'éprouvent
donc aucun sentiment de honte lorsqu'ils dorment en publique.
Au Japon, il n'est pas rare de voir des gens siester accroupis en pleine rue ou sur un banc. Au bureau,
lorsqu'un salarié s'endort en pleine réunion, on considère cela tout à fait normal et on le laisse dormir, car on sait que cela ne va durer que quelques minutes et qu'il sera ensuite pleinement attentif.
En Chine, la sieste est inscrite dans la constitution depuis les années 50. Pour des raisons de productivité, Mao l'a institutionnalisée. Depuis, en particulier dans les industries, on éteint les lumières
une dizaine de minutes après le déjeuner, et on dort sur son bureau !
En Espagne, la sieste (siesta) est pratiquée depuis toujours. Le climat chaud de certains pays comme les pays d'Afrique est en effet un facteur encourageant la sieste car travailler sous des températures élevées est particulièrement pénible.
Dans les années 1980, 50% des travailleurs faisaient des siestes à l'heure du déjeuner : cela faisait partie du mode de vie. Le gouvernement espagnol a décidé de raccourcir les temps de pause déjeuner pour se caler
sur le modèle européen et devenir plus « compétitif », rendant pour beaucoup la sieste impraticable. Ils ne sont plus que 20% à pouvoir s'y adonner aujourd'hui, et la sieste est devenue un combat syndical.
Les pays scandinaves ont une véritable culture du bien être aussi bien chez soi que dans le milieu du travail. Les constructions et réalisations intègrent cette pratique du confort, que ce soit dans l'architecture ou dans le design. Pour les suédois, les norvégiens et d'autres pays
proches, le travail n'est pas une fin en soi. L'épanouissement doit avant tout s'appuyer sur un équilibre général et des valeurs humaines. La notion de classe sociale est peu présente, de même que la notion de hiérarchie qui est un frein aux libertés que l'on peut s'accorder et en
particulier la pratique de la sieste. La relaxation, la détente, la sieste font pleinement partie du mode de vie des pays scandinaves.
Au Canada et dans le nord des Etats-Unis, la santé est particulièrement importante. Ce sont aussi des pays qui anticipent les tendances et savent très rapidement s'adapter aux évolutions sociétales. Ils sont donc très en avance sur les solutions de lutte contre un nouveau fléau qu'est la
généralisation de la fatigue chronique. En effet, comme chez les français et comme dans la plupart des pays, les nuits sont de plus en plus courtes et la dette de sommeil a de nombreuses conséquences sur l'individu et sur la société. La cause de cette fatigue est principalement liée à 3
facteurs : la télévision, internet et la montée du stress. C'est notamment aux Etats-Unis qu'est né le concept de powernap
En France, la sieste est souvent associée aux termes : vacances - fainéantise - honte - longue - vaseux - cachée - irrépressible - impossible. Hormis autour des côtes méditerranéennes, la sieste ne fait plus partie de notre culture. Les français sous-évaluent les fonctions fondamentales du sommeil. Ils sont même dans une dynamique de lutte permanente,
que ce soit en ne répondant pas aux appels du corps (lorsqu'on sent le besoin d'aller dormir, que l'on baille, que les yeux se ferment), ou en consommant des psychotropes, des cafés et des boissons énergisantes. On peut penser que l'émergence du manque de sommeil et de la fatigue permettra à la sieste, qui rappelons-le est un besoin physiologique,
de se démocratiser en France. Mais elle pourrait aussi faire son apparition « grâce » à une récente prise en charge du stress et des risques psychosociaux dans les entreprises.